En 2017, les Grands Frères Grandes Sœurs du Canada ont mis sur pied un Conseil consultatif national sur le mentorat des jeunes (CCNMJ) afin de veiller à ce que les jeunes façonnent l’avenir du mentorat au Canada.

Ces jeunes leaders ont une expérience personnelle en tant que mentorés et mentors auprès des Grands Frères Grandes Sœurs. Ils apportent un enthousiasme et une perspective rafraîchissante à notre travail et ils espèrent inspirer un plus grand nombre de leurs pairs à s’impliquer localement.

La Journée nationale des peuples autochtones approche et elle aura lieu le 21 juin. C’est une occasion de reconnaître et de célébrer les contributions des communautés autochtones à travers le Canada – et il y en a beaucoup – à commencer par la reconnaissance des terres sur lesquelles nous résidons, et étant colonisées par bon nombre d’entre nous.

Dans le blogue de ce mois-ci, nous présentons un membre incroyable de notre Conseil consultatif national sur le mentorat des jeunes (CCNMJ).

Animatrice : Je vous remercie de vous entretenir avec moi. Je souhaite commencer par vous demander de quelle communauté autochtone venez-vous? Pouvez-vous partager des traditions ou des croyances qui font partie de votre culture?

Membre du CCNMJ : Je viens des Premières Nations de Red Peasant situées sur le territoire Treaty 6 à North Battleford. Malheureusement, je n’ai pas grandi avec ma famille et au milieu de mes traditions culturelles. J’ai vécu par intermittence en famille d’accueil. Cependant, maintenant que je suis plus âgée, je cherche à me reconnecter avec mon patrimoine culturel.

Animatrice : Comment a été votre enfance avant que vous commenciez à vous impliquer auprès de votre organisme local Grands Frères Grandes Sœurs? Comment vous êtes-vous impliquée avec l’organisme?

NYMAC Member:En fait, c’était assez inquiétant de ne pas avoir de stabilité en tout temps, car je n’ai pas grandi auprès de ma famille et avec mes frères et sœurs. À un moment donné, ma mère d’accueil m’a inscrite afin que j’aie un mentor avec Grands Frères Grandes Sœurs. Avoir un mentor a changé ma vie. Cela m’a fait réaliser qu’il y avait quelqu’un qui se souciait de moi et qui voulait passer du temps avec moi, et qui m’a permis de vivre les expériences qu’un enfant doit vivre.

Animatrice : Vous avez mentionné votre enfance. Comment les stéréotypes contre les Autochtones vous ont-ils affectés en grandissant?

NYMAC Member: De manière très négative. À l’école primaire, j’ai beaucoup souffert d’intimidation. Je me faisais traiter de tous les noms des livres en particulier les insultes raciales envers les Autochtones. Je sentais que je devais cacher mon identité.

Animatrice : Vous dites qu’avoir un mentor a changé votre vie. Comment les choses auraient-elles été différentes pour vous si vous n’aviez pas eu de mentor?

Membre du CCNMJ : Je suis la seule personne de ma famille à avoir participé à un programme de mentorat. J’ai trois frères et trois sœurs. J’ai eu très peu de liens avec la plupart des membres de ma famille en grandissant et cela m’a donné l’impression que je devais traverser la vie seule. J’ai eu diverses opportunités en grandissant et j’ai réussi à atteindre bon nombre de mes objectifs. La plupart de mes frères et sœurs n’ont pas terminé leurs études secondaires ou ont des problèmes de toxicomanie. Avoir un mentor en grandissant m’a aidé à tisser des liens avec une personne avec qui je me sentais en sécurité et par qui je me sentais acceptée et encouragée. J’ai terminé ma première année d’études universitaires en éducation dans le but de devenir enseignante. J’espère un jour enseigner et aider des enfants vivant des situations similaires à la mienne.

Animatrice : Le mentorat vous a-t-il aidé à vous connecter avec votre culture? Si oui, comment?

NYMAC Member: Cela m’a encouragé à me rapprocher davantage de ma culture et je m’y emploie toujours à ce jour. Ma Grande Sœur m’a toujours encouragé à reconnaître qui je suis, ma culture et mes racines. Nous avons été jumelées quand j’avais huit ans et elle a été ma Grande Sœur pendant 10 ans. C’est une relation sur laquelle j’ai pu compter.

Animatrice : C’est merveilleux que votre Grande Sœur ait été là pour vous voir grandir et devenir la personne que vous êtes aujourd’hui. À quoi ressemble votre vie aujourd’hui?

Membre du CCNMJ : Je suis heureuse de la trajectoire que ma vie a prise et que ma volonté d’avoir une vie meilleure m’en approche. Souvent, maintenant que je vais bien et que j’ai pris ma vie en main, les gens pensent que je n’ai plus besoin d’aide et/ou que je n’ai pas eu à travailler d’arrache-pied pour me rendre là où je suis. Je suis encore victime de racisme et de stéréotypes presque partout où je vais. Par exemple, à mon travail, ça a été difficile, car les gens parlent en mal des Autochtones, ils sont étonnés quand je leur dis que je suis autochtone. Ils assument que je ne le suis pas parce qu’ils ont une notion prédéterminée de ce que sont les Autochtones et de ce dont ils sont capables.

Animatrice : Merci d’avoir partagé votre histoire avec nous. Avez-vous un dernier conseil à partager en finissant pour ceux qui vivent des expériences similaires?

NYMAC Member: Je dirais simplement, regardez vers l’avenir parce que le monde va en s’améliorant. Ne vous cachez pas dans l’ombre. Reconnaissez votre culture et qui vous êtes. J’ai réalisé qu’il est important de ne pas s’apitoyer sur les choses qui se sont produites par le passé, mais plutôt d’en tirer des leçons. Sachez que vous devez être vulnérable parfois et trouver la force dans vos expériences. Avoir une Grande Sœur dans ma vie a confirmé une chose : ne pensez jamais que vous êtes seul. Parlez à quelqu’un. Ou soyez cette personne pour quelqu’un d’autre.

Il s’agit d’une des nombreuses histoires sur la façon dont avoir accès à des services de mentorat a changé positivement la vie de jeunes à travers le pays.

Si vous souhaitez contacter un organisme local Grands Frères Grandes Sœurs, cliquez ici.

L’entrevue a été animée par Karine Pomilia Gauthier (coprésidente, Conseil consultatif national sur le mentorat des jeunes)